immobilier pratique

Aider ses enfants dans la donation

Vous êtes propriétaire d'un studio à Paris, d'un logement neuf à Cannes ou d'un trois-pièces en Ile-de-France et vous souhaitez transmettre l'un de ces biens immobiliers à vos enfants pour les aider à démarrer dans la vie ? Sachez qu'il existe plusieurs options pour vous permettre d'anticiper et de maîtriser votre succession. En effet, la donation d'un bien immobilier de son vivant permet non seulement d'aider vos héritiers, par exemple, dans la constitution d'un patrimoine immobilier, de limiter les conflits au moment de la succession tout en bénéficiant d'avantages fiscaux non négligeables. Tour d'horizon des différents types de transmission patrimoniale et retours sur les spécificités de la fiscalité de la donation pour les investissements locatifs en loi Pinel.

Transmettre son patrimoine immobilier pour aider ses enfants : quelles solutions ?

Les donations en faveur des enfants bénéficient d'un abattement fiscal et ne sont taxées qu'à partir de 100 000 € (pour les descendants en ligne directe). Un couple peut ainsi transmettre à chacun de ses enfants jusqu’à 200 000€, et ce, tous les 15 ans. En revanche, n'oubliez pas que la donation d'un bien immobilier fait l’objet d’un acte notarié qui entraîne des frais incompressibles, et ce, quel que soit le type de donation. A noter par ailleurs que la donation est irrévocable

Par ailleurs, en dehors de la transmission d'un patrimoine immobilier, il est également possible de faire don, tous les 15 ans, d'une somme d'argent dans la limite de 31 865€. Cela pourra aider vos enfants dans la réalisation d'un projet immobilier comme par exemple l'acquisition de leur résidence principale. Le donateur doit cependant être âgé de moins de 80 ans, et le bénéficiaire doit être majeur (ou mineur anticipé) au jour de la donation.

> LA DONATION-PARTAGE

La donation-partage peut être envisagée si vous êtes propriétaire d'un patrimoine immobilier important et que vous souhaitez le partager entre vos héritiers de votre vivant. La valeur des biens immobiliers sera arrêtée au jour de la donation : au moment de votre décès, la valorisation du bien n'aura donc aucune incidence sur la succession. Concrètement, aucun dédommagement et aucune compensation ne saurait être envisagé pour retrouver une éventuelle égalité si l'un des biens immobiliers prend ou perd de la valeur entre la date de la donation et le moment de la succession.

En choisissant la donation-partage, vous devez donner des biens immobiliers distincts à vos héritiers. Impossible donc de partager par exemple un appartement de 100 m² à Bordeaux en 2 parts égales.

Par ailleurs, si vous souhaitez réaliser une donation-partage et que votre patrimoine est constitué d'un deux-pièces à Paris, d'un studio neuf à Lyon et d'un trois-pièces avec terrasse à Marseille, il faudra veiller à rétablir l'égalité entre les héritiers. En effet, pour des biens immobiliers ayant une valeur différente, il est possible que l'un des enfants soit dans l'obligation verser une soulte à ses frères et sœurs pour respecter le principe d'équité.

> LA DONATION D'USUFRUIT

Vous pouvez également prévoir la transmission de votre patrimoine immobilier grâce au don d'usufruit. Vous distinguez ainsi l'usufruit d'un bien immobilier et la nue-propriété : il s'agit du démembrement de propriété. Ainsi, si vous possédez un appartement de 3 pièces dans les Hauts-de-Seine, vous pouvez rester propriétaire de cet appartement et en concéder l'usage à l'un de vos enfants. A l'inverse, vous pouvez transmettre la nue-propriété de ce bien à l'un de vos enfants et y vivre jusqu'à votre décès ou continuer à percevoir les loyers si ce bien est loué. Vous conservez ainsi la jouissance du bien. Le démembrement de propriété prend fin au décès de l'usufruitier.

> LES DONATIONS GRADUELLES ET RÉSIDUELLES

La donation graduelle consiste en une double donation. Vous pourrez ainsi transmettre un bien immobilier à votre enfant (premier bénéficiaire) qui devra lui-même transmettre ce même bien à un second bénéficiaire que vous aurez désigné. Il s'agit d'une donation avec charge qui vous permet d'aider l'un de vos enfants par la donation tout en protégeant vos petits-enfants par exemple.

La donation résiduelle quant à elle n'oblige pas le premier bénéficiaire à conserver le bien immobilier et ne constitue donc pas une protection particulière pour le second bénéficiaire.

> LA SCI

La SCI (Société Civile Immobilière) peut être un principe intéressant pour constituer, gérer et transmettre son patrimoine immobilier. Comprenant a minima deux associés, les SCI permettent de mettre en commun des biens immobiliers et d'en assurer la gestion.

La SCI familiale a l'avantage de valoriser les biens en parts sociales : la donation ne porte alors plus sur un bien (appartement) mais sur des parts de la société. Au moment de la succession, les héritiers pourront choisir de rester ou non au sein de la SCI et éventuellement de céder leurs parts aux autres associés. Cela permet d’éviter notamment les litiges parfois liés à l'indivision.

Fiscalité de la donation : ce qui évolue avec la loi Pinel*

Grâce au dispositif Pinel, les acquéreurs d'un bien immobilier neuf destiné à la location bénéficient d'avantages fiscaux, avec une remise d'impôt pouvant atteindre 21% soit 63 000€ sur 12 ans pour un investissement de 300 000€.

La loi Pinel 2016 autorise par ailleurs les propriétaires d'un logement neuf à louer à leurs descendants : une façon d'aider ses enfants en les logeant, sous réserve que ces derniers ne fassent plus partie du foyer fiscal et que leurs revenus ne dépassent pas un certain plafond.

Ce plan, qui vise notamment à dynamiser le secteur de la construction, fait par ailleurs évoluer la fiscalité de la donation de logements neufs.

Ainsi la loi Pinel permet un abattement exceptionnel de 100 000 € pour les donations aux enfants et petits-enfants (ligne directe) en cas l'acquisition d'un logement neuf (achevé ou en vente en VEFA) jusqu'au 31 décembre 2016.

Attention cependant car la donation doit être réalisée en pleine-propriété, dans un délai de 3 ans suivant l'obtention du permis de construire. Par ailleurs, le logement ne doit jamais avoir été habité au jour de la donation.

Ces abattements sont cumulables avec celui de 100 000 € portant sur la donation d'un bien immobilier en ligne directe.

Tout investissement locatif comporte des risques pour l’Acquéreur susceptibles de remettre en cause l’équilibre économique de son opération (vacance du bien, variation du loyer, impayés, revente, frais de gestion, charges de copropriété, changement de la fiscalité, le risque de perte en capital lors de la revente, etc). L’Acquéreur doit apprécier ses engagements et risques fiscaux, financiers, juridiques au regard de sa situation financière et patrimoniale. Le non-respect des engagements de location entraîne la perte du bénéfice des incitations fiscales.

 

PINEL : Dispositif prévu à l'article 199 novovicies du Code général des Impôts. Sous réserve des conditions d'éligibilité et dans les limites prévues par la législation applicable à vérifier auprès de votre conseil fiscal. Réduction d'impôt pour l'acquisition, par un particulier ou une société civile de placement immobilier (SCPI), d'un logement neuf ou réhabilité situé dans certaines zones géographiques fixées par arrêté, destiné à la location pendant 6 ans, 9 ans ou 12 ans à un loyer plafonné, et à des locataires sous plafonds de ressources. Location nue et respectant des critères de performance énergétique. Sous réserve des conditions d'éligibilité prévues à l'article 199 novovicies du code général des impôts tel que modifié par la loi n°2014-1654 du 29 décembre 2014 dite loi de finances pour 2015. La réduction d'impôt sur le revenu est de 12% pour 6 ans de location, de18% pour 9 ans de location, et de 21% pour 12 ans de location. Cette réduction est calculée sur le prix d'acquisition du bien retenu dans la limite de 5500 € du mètre carré et d’un montant global d’investissement de 300.000 € par contribuable et pour une même année d'imposition. Le bénéfice de ces incitations entre dans le calcul du plafonnement global de certains avantages fiscaux prévu à l’article 200-0 A du CGI. L’investissement locatif présente des risques susceptibles de remettre en cause l’équilibre économique de l’opération : risque d’écart entre la prévision et la réalité sur les recettes locatives (vacance, niveau du loyer, impayés), les charges de copropriété et la plus-value en cas de revente à l’échéance de l’engagement de location ».Ni le promoteur ni le commercialisateur ne sont chargés de la mise en location des biens et ne garantissent le remplissage locatif .Ni la responsabilité du promoteur ni celle du commercialisateur ne pourront être mises en cause en cas de remise en cause du bénéfice et/ou en cas de perte du bénéfice de l’avantage fiscal et/ou en cas de non-location dans les délais prévus et de non-respect des conditions d’éligibilité au dispositif fiscal objet du présent document.